
Dictée caritative inter ordres du 5 novembre 2024
La méridienne
Peu de temps après qu’Antoine l’eut quittée, Louise revint dans la grande maison qu’ils avaient si longtemps occupée et qui, quand on passait sur la grand-route en contrebas, se détachait, haute et blanche, au flanc du coteau que striaient les rangs de vigne replantés par les feus grands-parents d’Antoine pour remplacer ceux que le phylloxéra avait détruits à la fin du siècle dernier.
Elle entra dans le grand salon, ouvrit les lourds doubles-rideaux marron ; la pièce exhalait un parfum composite de myrrhe, de salicylate de méthyle, de lavande et de naphtaline ; Louise en fut comme enivrée. Elle se laissa choir au milieu des coussins rouges à glands bleu roi et franges dorées de la méridienne dans laquelle sa belle-mère s’allongeait pour recevoir tous les jeudis à l’heure du thé. Non pas qu’elle voulût ainsi se donner un genre à la Récamier, mais parce qu’elle souffrait souvent de névralgies crurales qu’elle soignait en prenant des tisanes de camomille et en fumant des cigarettes à l’eucalyptus citronné.
Louise, sous l’effet de ces fragrances mêlées, revoyait tout un monde qu’elle avait connu dans ses derniers éclats, quand Antoine et elle s’étaient fiancés au début des années cinquante. Ils s’étaient plu tout de suite, un coup de foudre en somme. Elle se souvenait que la bague à elle seule, avait coûté trois mille huit cent cinquante francs et le repas trois cents francs par convive et ils étaient quatre-vingts, servis à table par un personnel en gants blancs. C’est que sa belle-famille ne voulait pas que les fiançailles de ce fils unique, héritier d’un nom et de terres qui leur venaient d’aïeux ayant longtemps tenu le haut du pavé, fussent au-dessous du niveau requis par une telle ascendance ; mais surtout, il ne fallait pas que les notables du voisinage dont quelques-uns, férus de généalogie, mettaient devant leur nom une particule à l’origine historique bien incertaine, en vinssent à penser un seul instant que la famille, au-delà des beaux airs qu’elle se donnait encore, n’avait en réalité plus les moyens de tenir son rang, et qu’il y avait donc moins d’intérêt à la fréquenter. Louise pensait que sa belle-mère, allongée sur sa méridienne, ne se serait pas remise d’attendre vainement les jeudi de chaque semaine que la sonnette grésillât.
(texte envoyé par Dominique Lefelle)
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dictée inter-ordres du 5 novembre ; 46 inscrits et quelques dons ont permis de
remettre à l’association Handisports la somme de 700 € qui lui servira de
compléments pour l’achat fort coûteux de matériel adapté, ce type d’animation sera à
renouveler (Le Berry républicain n’ayant rien publié de ces deux manifestations il est proposé que Françoise Coleman soit sollicitée pour faire le lien avec la rédaction du Berry lors de prochains évènements
(Thierry Fandard)
Première réalisation commune du regroupement de 5 organisations :
SMLH : Société des Membres de la Légion d’Honneur
SNEMM : Société Nationale d’Entraide de la Médaille Militaire
ANMONM : L’ Association Nationale des Membres de l’Ordre National du Mérite
AMOPA : L’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques
AMOMA : L’Association des Membres de l’Ordre du Mérite Agricole.
Une cinquantaine de participants et une bonne quinzaine de membres organisateurs préparation salle, sonorisation et video projection.
Très belle dictée créée lue par Monsieur Pascal Jardin qui a utilisé tous ses talents pour subjuguer son auditoire donnant ainsi une ambiance surannée de classe très 19ième.
Un chèque de 700€ a été remis aux responsables de HANDI SPORTS grâce aux participants et à des donateurs.
Chacun a souhaité une nouvelle rencontre .
(Patrice Martin)

